MARIE ÉTERNELLE CONSOLATION * TEXTE, MISE EN SCÈNE ARNE SIERENS * SCÉNOGRAPHIE GUIDO VROLIX * COSTUMES LIEVE PYNOO * LUMIÈRE, MUZIEK TIMME AFSCHRIFT * PRODUCTION KOEN DEMEYERE * AVEC JOHAN HELDENBERGH, TITUS DE VOOGDT, MARIJKE PINOY * COMPAGNIE CECILIA, ZUIDPOOLTHEATER *

PRESSE

"(...) nés d'improvisations menées sous le regard de l'écrivain et metteur en scène Arne Sierens, l'un des hommes du théâtre européen qui sait le mieux entendre et traduire la détresse du monde, sans leçon, sans discours politique, mais par une écriture scénique. Il est de Gand. On le connaît par son travail avec Alain Platel (Bernadetje, Tous des Indiens), mais aussi par des propositions très personnelles et bouleversantes sur la jeunesse (Pas tous les Marocains sont des voleurs). (…) Sierens ne se contente jamais d'un plat réalisme. Il transfigure. Tout passe par les mots et l'épiderme. Tout est donné dans la pure présence humaine, tellement humaine, du 'personnage' et par le jeu. Ce qui advient. Ce qui a été trouvé et qui surgit, ressurgit. Sans aucun naturalisme. Au contraire souvent."

(Le Figaro, 20 juillet 2005, Armelle Héliot)

Les artistes réunis par le metteur en scène gantois semblent inventer à chaque instant une spectacle aussi déjanté qu'émouvant et généreux: quel bonheur."

(La Provence, 20 juillet 2005, Danièle Carraz)

"(...) les trois acteurs jouent en déséquilibre constant sur un parterre-patinoire éclairé au néon. Ils ont de l'énergie à revendre ne cessant d'aller et venir tantôt perchés sur des talons, en chaussettes ou même les pieds palmés. Résultat d'un travail de plusieurs mois d'improvisation, les répliques fusent et claquent sans répit, chacun n'hésitant pas à couper l'autre, à rebondir sur tel ou tel mot. Il faut saluer le jeu des trois acteurs, un jeu extrêmement physique où ils manquent de se casser la figure à chaque instant mais qui ne les empêche nullement de balancer leur texte sur un rythme effréné. Leurs histoires se bousculent au portillon et, de fil en aiguille, construisent un univers où la tendresse l'emporte sur la noirceur, où le rire repousse tout apitoiement. On se ment un peu, on se trahit quelquefois mais on est solidaire tout le temps. (…) Arne Sierens fait dans le réalisme social mais ayant choisi le rire pour évoquer le destin de ces trois paumés, il évite de nous asséner poncifs et autres lieux communs propres à ce genre-là. On pense à l'Homme sans passé, de Kaurismaki, on y retrouve cette même tendresse à l'égard des personnages, cette même humanité. (…) Cela tient de la magie, de la poésie que l'on retrouve parfois au cirque quand avec trois fois rien, on se laisse porter par ses émotions."

(L'Humanité, 25 juillet 2005, Marie-José Sirach)

"On pense aux spectacles d'Alain Platel, dont Arne Sierens fut collaborateur. On pense au film de Yolande Moreau, Quand la mer monte. On pense à Jérôme Deschamps, mais revisité par les frères Dardenne. On pense encore à Kaurismaki ou à Kusturica quand s'emballe le staccato d'une musique tsigane, musique de voyage pour des personnages qui semblent ne devoir jamais s'arrêter dans leur course éperdue au bonheur. Plus vrai que nature (le spectacle est né d'un travail d'improvisation): Marijke Pinoy (Mimi, Marie la consolatrice), Titus De Voogdt (Michel) et Johan Heldenbergh (Gabriel), les trois acteurs sont fabuleux. Evitant aussi bien le piège de la caricature que du documentaire, ils sont les héros dansants, magnifiques et bouleversants d'une petite humanité fragile que le moindre incident menace mais qui est portée par un formidable appétit de vie à déchirer l'âme, à fendre le cœur."

(La Croix, 26 juillet 2005, Didier Méreuze)

"(…) Arne Sierens en a fait une patinoire, disposée entre les rangées frontales des gradins. Et c'est une idée formidable, parce qu'elle introduit l'aléatoire dans le jeu, qui est celui de la vie comme elle va, quand on essaie de s'en sortir. (…) Les voilà donc (les personnages, sic) qui marchent, glissent, dansent et tanguent sur la glace, comme leurs histoires. On ne peut pas empêcher de les aimer, parce qu'ils ne cherchent pas à être autre chose que ce qu'ils sont: des gens de peu, humains trop humains, surtout Marie, la merveilleuse Marijke Pinoy."

(Le Monde, 21 juillet 2005, Brigitte Salino)

"Question de coeur et de générosité, en somme. Tel Arne Sierens et son spectacle Marie Éternelle Consolation, créé à base d'improvisations avec ses trois comédiens, et qui trouve le moyen de dégoter au troisième sous-sol d'un centre commercial une sainte famille, sous la forme hilarante et pitoyable d'un trio de paumés. En guise de décor, un plateau de glace nous avertit d'emblée qu'on est en terrain glissant : mais la glisse est pataude, plus casse-gueulle qu'artistique, et rend bien visible la dureté glaçante du réel.

Dans les domaines des arts vivants, la métaphore est ainsi faite qu'elle se prête à octroyer un peu de grâce et de beauté aux décombres, ruines et lits de douleur dans lesquels l'humanité s'échine et se déchire. Ce faisant, elle nous rend notre part d'humanité et accepte l'essai, le risque, l'improvisation."

(Les Inrockuptibles, 27 juli 2005, Fabienne Arvers et Patrick Sourd)

"A mi-chemin entre personnages réels et figures de comédie, les protagonistes (et leurs références un peu trop appuyées) semblent manquer par moments d'oxygène. Reste un charme et, porté par un travail d'acteurs tout d'invention et de solidarité."

(Libération, 20 juillet 2005, René Solis)

"Le public est assis de part et d'autre d'une scène remplacée par une patinoire. Géniale idée qui rend les mouvements des acteurs hésitants et glissants comme leur vie. (…) Ils parlent d'amour, de rêves, d'échecs, de séduction, d'accidents. Bref, la vie comme elle va."

(La Libre Belgique, 24 juillet 2005, Guy Duplat)

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