PRESSE SUR ŒUVRE ARNE SIERENS

"Qualifiez-les d'hyperréalisme réfléchi, de réalisme transcendant à la Kantor, de chroniques politiquement engagées ou de postmodernisme engagé. Quoi qu'il en soit, les oeuvres complètes d'Arne Sierens consti-tuent un chapitre impressionnant de notre littérature dramatique. Peut-être devons-nous nous contenter de parler d'art, tout simplement. Un auteur qui s'est inventé et continue à s'inventer, chaque fois à nouveau. Au-delà du terminus."

- Griet Op de Beeck, Etcetera -

"Les pièces de théâtre du Flamand Arne Sierens vous sautent immédia-tement à la gorge; impossible d'y échapper. Il ne s'agit pas de théâtre de texte, proposant une simple distraction entre le début et la fin; ce sont des images agrandies de moments remarquables, en différents tableaux et esquisses grossières.

Parfois remarquables pour la situation en soi, mais le plus souvent pour l'émotion qu'elle recèle."

- Frank Verhallen, Trouw -

"Alain Platel et Arne Sierens, hommes de théâtre belges, risquent la peau de leurs acteurs pour nous servir des images si belles et époustouflantes que nous en avons rarement vues. (... ) 'Bernadetje', un opéra dansé bourré d'énergie, sur des compositions de Bach et de la musique pop, nous offre un reflet du monde dans le microcosme des autos tamponneuses. Platel et Sierens ont réussi une fois de plus, comme dans 'Mére & Enfant', à ordonner strictement le chaos. Le spectacle devient ainsi un chef- d'oeuvre surprenant."

- M.N., Die Welt -

"... nés d'improvisations menées sous le regard de l'écrivain et metteur en scène Arne Sierens, l'un des hommes du théâtre européen qui sait le mieux entendre et traduire la détresse du monde, sans leçon, sans dis-cours politique, mais par une écriture scénique. Il est de Gand. On le connaît par son travail avec Alain Platel ( Bernadetje, Tous des Indiens), mais aussi par des propositions très personnelles et bouleversantes sur la jeunesse ( Pas tous les Marocains sont des voleurs). Sierens ne se contente jamais d'un plat réalisme. Il transfigure. Tout passe. "

- Armelle Héliot, Le Figaro -

"Question de coeur et de générosité, en somme. Tel Arne Sierens et son spectacle Marie Éternelle Consolation, créé à base d'improvisations avec ses trois comédiens, et qui trouve le moyen de dégoter au troisième sous-sol d'un centre commercial une sainte famille, sous la forme hilarante et pitoyable d'un trio de paumés. En guise de décor, un plateau de glace nous avertit d'emblée qu'on est en terrain glissant : mais la glisse est pataude, plus casse-gueulle qu'artistique, et rend bien visible la dureté glaçante du réel. Dans les domaines des arts vivants, la métaphore est ainsi faite qu'elle se prête à octroyer un peu de grâce et de beauté aux décombres, ruines et lits de douleur dans lesquels l'humanité s'échine et se déchire. Ce faisant, elle nous rend notre part d'humanité et accepte l'essai, le risque, l'improvisation. "

- Fabienne Arvers et Patrick Sourd - Les Inrockuptibles -

"Pas de « bons sentiments » ni de complaisance ici, mais, dans la suite des précédentes créations de ce metteur en scène (notamment Tous les Marocains sont pas des voleurs ) un regard d'une générosité immense sur les pauvres, les paumés, les exclus d'un monde qui préfère les « battants » aux « perdants » et se soucie comme d'une guigne de leur sort. Le ton est à la comédie à la fois cocasse et tendre, laissant affleurer cependant - sans le dire jamais - un critique de la société comme on en voit peu sur les plateaux de théâtre. ( ... ) On pense au film de Yolande Moreau, Quand la mer monte. On pense à Jérôme Deschamps, mais revisité par les frères Dardenne. On pense encore à Kaurismaki ou à Kusturica quand s'emballe le staccato d'une musique tsigane, musique de voyage pour des personnages qui semblent ne devoir jamais s'arrêter dans leur course éperdue au bonheur.

- Didier Méreuze, La Croix -

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